La deuxième année de deuil : pourquoi elle est souvent plus dure que la première

Il y a quelque chose que peu de gens te diront quand tu perds quelqu'un.

La première année, tu es porté(e). Par l'adrénaline du choc. Par les gens autour de toi. Par les “premières fois” : le premier Noël sans lui, le premier anniversaire sans elle…, ces premières dates significatives qui structurent le temps et donnent un repère auquel s'accrocher.

Puis arrive l’anniversaire de décès, qui marque l’entrée dans la deuxième année du deuil.

On aurait tendance à penser qu’on a passé le plus difficile et qu’elle ne pourra forcément qu’être plus fluide que la première. Pourtant, elle est souvent plus dure encore.

Pas parce que tu vas moins bien. Pas parce que tu fais quelque chose mal. Mais parce que personne ne t’a prévenu que ça pouvait se passer comme ça.

Heureusement pour toi, ta thanadoula de confiance est là pour tout t’expliquer :) C’est parti !

Pourquoi la première année est trompeuse

Dans les premiers mois qui suivent un décès, le cerveau se protège. Il y a comme un voile, une sorte d'anesthésie naturelle qui permet de traverser l'insurmontable. Tu fonctionnes. Tu organises. Tu remercies les gens à l'enterrement. Tu signes des papiers. Tu réponds aux messages.

Tu es là, mais une partie de toi est encore dans l'incrédulité et la sidération.

Autour de toi, les gens sont présents. ils viennent aux nouvelles. Ils sont aux petits soins. Ils appellent, ils invitent, ils passent, ils apportent des plats cuisinés. La communauté se montre plutôt présente et se resserre autour de toi.

Et puis, doucement, la vie reprend son cours… pour eux. Pour toi, pas vraiment.

Ce qui se passe la deuxième année

La deuxième année, le voile se lève.

La réalité de l'absence s'installe vraiment, durablement, dans chaque recoin du quotidien. Le choc est passé, c’est à présent une certitude : il ou elle ne reviendra pas. Et c'est cette certitude-là, douloureusement tranquille, permanente et implacable, qui est parfois plus difficile à porter que le choc initial.

En même temps, l'entourage a repris sa vie. Les appels se font plus rares. On attend de toi que tu ailles “mieux”. Certains te le disent directement. D'autres ne le disent pas, mais tu le sens dans leur regard quand tu parles encore de lui, d'elle.

Tu te retrouves parfois seul(e) avec un chagrin que tu n’oses plus montrer. Après tout, le temps a passé et tu ne souhaites pas les embêter avec ça. Eux te voient moins pleurer et ils ont tendance à penser que tu as presque tourné la page.

Et si en plus tu as l'impression d'aller moins bien qu'avant, tu peux en arriver à te demander ce qui ne va pas chez toi.

La réponse : rien. C'est le deuil qui se déploie, tout simplement.

Les signes que tu vis ce passage

Tu te reconnais peut-être dans certaines de ces expériences :

  • Tu as l'impression que tout le monde a “tourné la page” sauf toi

  • Tu te surprends à aller moins bien que l'année précédente, et ça t’inquiète

  • Certaines dates comme le deuxième anniversaire de décès, la deuxième fête des mères, le deuxième été ou autre, te touchent différemment, parfois plus fort que lors de la première année

  • Tu commences à ressentir des choses que tu n’avais pas ressenties avant : de la colère, de la culpabilité, une tristesse plus profonde

  • Tu t’interroges sur qui tu es, à présent, sans cette personne dans ta vie

Tout ça est parfaitement normal. Tout ça fait complètement partie du processus de deuil.

Ce que le deuil n'est pas

Le deuil n'est pas une ligne droite qui va du plus difficile au plus facile.

Ça ressemble davantage une spirale. On revient sur les mêmes émotions, mais on les aborde à des profondeurs différentes. Ce qu'on n'avait pas pu ressentir au début remonte quand on est prêt(e) à le traverser.

La deuxième année, c'est souvent le moment où ce travail-là commence vraiment.

Ce n'est pas une régression. C'est une progression, même si elle ne ressemble pas à ce qu'on imaginait. Toucher cette douleur et ce chagrin est nécessaire pour avancer. Et cette douleur qui nous frappe plus en profondeur marque, aussi étrange que cela puisse paraître, la bonne avancée du processus de deuil.

Comment traverser cette période

Nommer ce que tu vis. Savoir que la deuxième année peut être plus difficile, c'est déjà une façon de ne pas se faire surprendre. Tu n’es pas en train de sombrer. Tu es en train de traverser quelque chose de connu, même si personne ne t’en avait parlé.

Ne pas s'isoler dans le silence.Si ton entourage a l'impression que tu vas bien, il ne viendra pas forcément vers toi. Parfois, il faut dire : “En ce moment, ça ne va pas si bien en fait. J'aurais besoin qu'on se parle.” Ce n'est pas un fardeau. C'est une invitation.

Honorer ce que tu ressens, sans le minimiser. Il n'y a pas de “trop longtemps” en matière de deuil. Ton chagrin a sa propre temporalité. Il n'a pas à ressembler à celui de quelqu'un d'autre.

Chercher un espace pour déposer ce que tu portes. Un groupe de parole, un accompagnement individuel, un journal… Quelque chose qui te permette de ne pas garder tout ça pour toi. Le deuil a besoin de témoins. C’est très lourd d’être la seule personne à porter le souvenir de son être décédé.

Tu n’as pas à traverser ça seul(e)

Si tu te reconnais dans ce que tu viens de lire, sache que tu n’es pas seul(e). Et que demander de l'aide en deuxième année (ou en troisième, ou en cinquième, ou même plus tard) n'est pas un signe de faiblesse. C'est une façon de prendre soin de toi.

Je propose un espace d'accompagnement doux, sans jugement et à ton rythme, pour traverser le deuil avec un peu plus de sérénité.

Si tu souhaites en savoir plus, je t’invite à prendre contact pour une consultation gratuite de 15 minutes. Sans engagement. Juste pour qu'on se parle.

Agathe

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