Que dire à une personne atteinte d'un cancer ?

Les mots qui réconfortent… et ceux qui peuvent blesser.

Apprendre qu'un proche est atteint d'un cancer bouleverse autant la personne malade que son entourage. Très souvent, ce n'est pas le manque d'amour qui fait défaut, mais les mots. Que dire ? Faut-il parler de la maladie ? Comment montrer son soutien sans être maladroit ? Et surtout, quelles phrases vaut-il mieux éviter ?

Dans cet article, vous découvrirez comment accompagner une personne atteinte d'un cancer avec délicatesse, authenticité et humanité. C’est parti !

Pourquoi est-il si difficile de trouver les bons mots ?

Lorsque quelqu'un que nous aimons nous annonce qu'il est atteint d'un cancer, une multitude d'émotions surgissent en quelques secondes.

La peur.

L'impuissance.

L'injustice.

La tristesse.

Et parfois même une forme de sidération.

Nous aimerions immédiatement soulager cette souffrance, mais nous nous retrouvons souvent démunis. Nous craignons de dire une maladresse, de poser une question déplacée ou d'augmenter encore davantage l'angoisse de la personne.

Cette peur est universelle.

C'est précisément pour cette raison que beaucoup de proches finissent par prendre leurs distances.

On pourrait penser qu'ils ne se soucient plus de la personne malade, alors qu’en fait, bien souvent, c’est qu'ils ne savent plus comment entrer en relation avec elle.

Pourtant, ce silence est souvent plus douloureux que quelques mots imparfaits.

La majorité des personnes atteintes d'un cancer ne recherchent pas LA phrase extraordinaire, elles souhaitent surtout continuer à exister aux yeux de leurs proches autrement qu'à travers leur maladie. Elles ont besoin de sentir que l'on ose encore leur écrire, les appeler, les inviter, rire avec elles, pleurer parfois, partager des moments ordinaires.

Autrement dit : elles ont besoin de conserver leur place dans la vie.

Le plus beau cadeau n'est pas de trouver les mots parfaits.

On a souvent l'impression qu'il existe une formule magique qui serait capable de remonter le moral instantanément. Spoiler alert : cette phrase n'existe pas.

Aucune parole ne peut supprimer la peur d'un diagnostic, les effets secondaires des traitements ou l'incertitude face à l'avenir. En revanche, certaines attitudes changent profondément l'expérience de la maladie.

Être pleinement présent.

Écouter sans interrompre.

Accepter les silences.

Ne pas chercher immédiatement une solution.

Respecter le rythme de l'autre.

Ces gestes paraissent simples et pourtant, ils sont souvent infiniment plus précieux que les conseils les plus élaborés.

En réalité, lorsqu'une personne évoque sa peur ou sa tristesse, elle ne demande pas forcément qu'on les fasse disparaître. Elle souhaite surtout être entendue. Et ça, c’est quand même une sacrée nuance.

Ce dont une personne atteinte d'un cancer a le plus besoin

Chaque histoire est différente. Chaque cancer est différent. Chaque personne traverse cette épreuve à sa manière.

Certaines éprouvent le besoin de parler quotidiennement de leurs traitements. D'autres souhaitent, au contraire, préserver des espaces où la maladie n'existe plus pendant quelques heures.

Il n'y a pas une bonne façon de vivre un cancer. Il y a seulement la leur.

Du coup, en fin de compte, la question c’est pas tant

“Que devrais-je lui dire ?”

mais plutôt

“De quoi cette personne a-t-elle besoin aujourd'hui ?”

Cette simple différence change quand même pas mal de choses. On cesse de chercher la perfection, et on se concentre sur la présence :)

La première phrase qui apaise vraiment

Lorsque vous ne savez pas quoi dire, vous pouvez tenter ça :

“Je suis vraiment désolé(e) que tu traverses cette épreuve. Je ne sais pas toujours quoi dire, mais je suis là pour toi.”

Cette phrase qui semble presque bateau a plus d’un tour dans son sac :

Elle ne minimise pas la souffrance.

Elle ne promet pas une guérison.

Elle ne cherche pas à faire disparaître l'émotion ou à “réparer”.

Elle offre simplement une présence.

Et, bien souvent, c'est plutôt ce dont la personne a besoin.

Rassurer part d’une bonne intention mais … ça peut parfois faire plus de mal que de bien.

Face à la souffrance, notre premier réflexe consiste presque toujours à rassurer.

On dit souvent des trucs du genre :

“Ca va aller tu verras”

“C’est sûr, tu vas t’en sortir !”

“Il faut rester positif !”

Ces phrases partent d'une bonne intention, c’est sûr, mais elles sont parfois contre-productives.

La personne malade peut alors avoir l'impression qu'elle n'a plus le droit d'exprimer sa peur. Comme si elle devait protéger ses proches en affichant un optimisme permanent.

Or, vivre un cancer, c'est aussi traverser :

des moments de découragement, où on a envie de tout envoyer ch***,

des jours de colère, où on a envie d’hurler sa rage face à cette injustice,

de la fatigue,

de la peur,

parfois même du désespoir.

Toutes ces émotions sont normales, et les accueillir aide souvent plus que de vouloir les faire disparaître.

À retenir

Si vous ne deviez retenir qu'une seule idée de cette première partie de l’article, ce serait celle-ci :

Les personnes atteintes d'un cancer n'attendent pas des mots parfaits. Elles espèrent surtout ne pas être seules.

Votre présence, votre écoute et votre authenticité auront presque toujours plus de valeur qu'un discours parfaitement préparé.

Passons maintenant aux choses concrètes… :)

8 phrases qui réconfortent vraiment une personne atteinte d'un cancer

  • Je suis vraiment désolé(e) que tu traverses cette épreuve.

    Simple et efficace. Reconnaître la réalité sans chercher à minimiser la souffrance.

  • Je suis là pour toi.

    Évident en soi, mais qui prend tout son sens quand elle est suivie des actes. Par exemple, envoyer un message ou appeler régulièrement, venir boire un café, proposer une promenade si la personne en a la force…

  • Est-ce que tu aimerais en parler… ou tu préfères penser à autre chose aujourd'hui ?
    L’entourage est souvent très gêné quand il s’agit d’aborder la maladie. Proposer un espace où elle peut en parler, c’est vraiment précieux, même si pour aujourd’hui, elle n’a pas envie d’en parler.

  • Comment tu te sens aujourd'hui ?

    En précisant “aujourd’hui”, on prend en compte cette réalité : chaque journée est différente, physiquement et émotionnellement.

  • À quoi tu penses le plus en ce moment ?

    Une personne qui fait face au cancer est confrontée à de nombreuses inquiétudes. Quand on imagine tout ce qui peut l’inquiéter, on est souvent loin du compte. Lui poser la question nous permet de savoir et de l’épauler.

  • Est-ce que je peux faire quelque chose de concret pour toi ?

    On peut aussi proposer : “Je vais au supermarché demain, je peux te rapporter quelques courses ?” ou encore “J’ai fait un plat de lasagns. Je t’en amène une portion ?”

  • Tu n'as pas besoin de me répondre tout de suite.

    Certaines personnes atteintes d’un cancer n’ont parfois pas l’énergie de répondre aux messages qu’elles reçoivent. C’est pas qu’elles ignorent leurs proches, c’est simplement juste de la fatigue. Lui retirer la pression de répondre, c’est un chouette geste.

  • Je pense souvent à toi.

    Pareil. Simple et efficace pour rappeler qu’on ne l’oublie pas. “Je pensais à toi aujourd'hui. J'espère que cette journée aura été la plus douce possible. Je t'embrasse.”

Les 8 phrases à éviter

Soyons clairs : il n'existe pas de phrase interdite. Une remarque maladroite ne fait pas de vous une mauvaise personne. On comprend que ça parte d’une bonne intention. Seulement parfois, dites à une personne déjà fragilisée, elles blessent.

  • Tu vas t'en sortir.

    Personne ne le sait. Dites-lui plutôt “J'espère sincèrement que les traitements seront efficaces. Et quoi qu'il arrive, je resterai à tes côtés.”

  • Il faut rester positif.

    Non. La personne malade a tout à fait le droit d’avoir peur, d’être découragée, en colère, d’avoir envie de jeter l’éponge. Dites plutôt “Tu peux me dire ce que tu ressens, même si c'est difficile. Je suis là pour l'entendre.”

  • Tu dois être fort(e).

    C’est quoi “être fort(e)” ? Ne jamais craquer ? Ne jamais demander de l’aide ? Ne jamais pleurer ? On peut être très courageux et pleurer quotidiennement. Dites-lui plutôt “Je vois tous les efforts que tu fais. Tu n’es pas seule, je reste à tes côtés.”

  • Tout arrive pour une raison.

    Je sais que ça part de l’idée de donner un sens à tout ça mais… laisser entendre que la maladie a une raison d'être peut provoquer de la culpabilité ou de l'incompréhension. Et puis tout le monde n'e ressent pas le besoin de trouver un sens à ça. Dites plutôt “Je sais pas pourquoi tout ça t’arrive, mais je suis avec toi.”

  • Je connais quelqu'un qui avait le même cancer et…

    Allez on retient son souffle jusqu’à la fin de l’histoire… il s’en est sorti ? il est décédé ? Chanque cancer est différent. Chaque personne est différente. Chaque traitement est différent. Parlez de la personne qui est devant vous, pas d’une autre.

  • Moi, à ta place…

    Vous n’êtes pas à sa place. Personne ne l’est, et personne ne connaît ni sa douleur, ni ses peurs, ni sa perception de sa situation.

  • Tu es tellement courageux(se). Moi, je n'y arriverais pas.

    Même si ce compliment paraît positif, certaines personnes le vivent comme une injonction supplémentaire à ne pas craquer. Donc on oublie.

  • Il faut se battre.

    Le vocabulaire de la guerre est omniprésent quand on évoque le cancer : les guerriers, combattre, gagner ou perdre la bataille… Si certaines personnes sont à l’aise avec cette image, d’autres la détestent. Pourquoi ? Parce qu’elle sous-entend que les personnes qui en meurent ne se sont pas assez battues. Alors que personne ne choisit l’évolution de sa maladie. On peut préférer parler d’avancer, de traverser cette épreuve, de faire face au traitement…

Comment une thanadoula peut-elle accompagner ?

Contrairement à ce qu’on pourrait penser, en tant que thanadoula, je n’interviens pas uniquement lorsque la fin de vie est imminente.

Je peux accompagner dès l'annonce d'une maladie grave, lorsque la personne ou ses proches ressentent le besoin d'être soutenus.

Mon rôle est d'offrir un espace où chacun peut déposer librement ses peurs, ses questions, sa colère, sa tristesse, son épuisement et ses questions existentielles. Sans jugement et sans chercher non plus à réparer. Sans imposer de manière de vivre la maladie.

J’accompagne également les proches, qui portent souvent une immense charge émotionnelle tout en essayant de rester solides.

J’aide chacun à retrouver un peu d'apaisement au cœur de l'incertitude.

Je vous reçois et vous accompagne sur Millau, dans le sud Aveyron, et aussi à distance par visio.

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